Misandrie

Ce soir, je suis misandre !
Ma misandrie n’est pas figée,
Elle fluctue selon les journées.
Les miettes sur la table,
Les silences, les textos sans réponses.
Le « tu es belle », « tu es bonne », « tu es une pute », « tu es une salope »…
Des phrases scandées s’immisçant dans mon intimité sans l’avoir autorisée.
Couper la parole,
Ne jamais demander comment je vais.
L’attente, la foutue attente.
Ne jamais rien me proposer.
Les silences… Et encore l’attente !
Des émotions muselées,
Des NON ignorés
Mon corps le réceptacle de votre jouissance.
La fuckzone, ma valeur est dans ma baisabilité
Me ghoster, le produit a perdu de son intérêt.
Me faire passer pour une folle : une hystérique !
« Chill « , « tranquille », « calme-toi »…
M’expliquer le monde à l’envers.
« Je suis trop ceci »,  » trop cela »…
Des discours, des monologues, aimer s’entendre parler.
De l’incandescence, de la confiance aveuglante.
Et des pseudo-vérités assignées comme des évidences.
Mansplaining, manspreading…
Tout l’espace que vous nous bouffez.
« Qu’est-ce qu’on mange », la liste des courses…
Le Care : vous entendre vous plaindre à longueur de journée !
ouin ouin ouin ouin ouin …
La vie est dure, oui je le sais !
Pas besoin de me le rappeler.
Je n’ai plus d’énergie : je suis épuisée
Ma misandrie est une expérience du quotidien.
J’ai besoin d’OXYGÈNE !
Je mets en place des stratégies :
mixité choisie, non exclusivité, non parentalité, non…
Dès que je sors ma tête pour respirer,
il y a un abruti pour me noyer.
La Misandrie est un épuisement,
La Misandrie est la somme de toutes ces violences ordinaires.
Ma Misandrie est un acte politique
Mon énergie, dorénavant, sera dirigée
Loin loin de cette masculinité.